Le Journal
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La ville devient notre terrain de jeu
Depuis quelques semaines, nous explorons l’espace urbain et immortalisons, à travers la photographie, la rencontre entre nos jouets artisanaux et le patrimoine moderniste qui nous entoure. Aujourd’hui, je vais vous expliquer un peu comment nous avons choisi nos itinéraires, les surprises que nous avons vécues et les défis inattendus liés à la prise de vue sur pellicule.
Les séances photo de notre projet ont officiellement commencé, et nos personnages ont enfin fait leur apparition dans les rues ! Depuis quelques semaines, nous explorons l’espace urbain et immortalisons, à travers la photographie, la rencontre entre nos jouets artisanaux et le patrimoine moderniste qui nous entoure. Aujourd’hui, je vais vous expliquer un peu comment nous avons choisi nos itinéraires, les surprises que nous avons vécues et les défis inattendus liés à la prise de vue sur pellicule.
Livres, archives et modernisme caché
Avant de placer le moindre personnage devant l’objectif, nous nous sommes plongés dans la recherche. Nous nous sommes entourés d’ouvrages sur les mouvements modernistes et d’avant-garde en Roumanie et en France, feuilletant des monographies consacrées à des pionniers tels que Marcel Iancu, Robert Mallet-Stevens, Eileen Gray, Goldstein Maicu ou encore Charlotte Perriand, pour n’en citer que quelques-uns, tout en étudiant les archives visuelles de Paris et de Bucarest (ainsi que l’architecture régionale !).
C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à Câmpina. Cela peut sembler un choix inhabituel, mais au cours de nos recherches, nous avons découvert une initiative brillante visant à recenser le patrimoine moderniste méconnu de Câmpina dans le cadre d’un projet pilote. Chez Micul Haos, notre approche du patrimoine est très subjective et poétique. Nous créons des personnages-médiateurs afin de porter un regard critique sur le patrimoine moderniste, dans le but d’amener les jeunes spectateurs à une compréhension critique et poétique de l’espace qui nous entoure. Cependant, cette recherche créative s’appuie fortement sur les travaux rigoureux menés par des historiens et des architectes. Découvrir un projet qui met en lumière les joyaux architecturaux d’une petite ville roumaine a été une source d’inspiration incroyable, et nous espérons sincèrement voir des initiatives similaires se développer dans d’autres villes.
Le train pour Câmpina était notre premier trajet et notre première destination.
Certaines villas modernistes de Câmpina ne pouvaient être admirées que de loin.
Mais nos recherches ne se sont pas limitées aux pages des livres ou aux archives numériques. Nous avons trouvé une grande source d’inspiration simplement en nous promenant dans la ville et en prêtant attention aux petits détails, aux belles lignes fluides, aux formes géométriques audacieuses et aux noms des architectes, gravés avec élégance sur les bâtiments eux-mêmes (certaines de ces gravures ont malheureusement été effacées). C’est précisément ce genre de déambulation attentive qui nous a menés à l’histoire profondément émouvante de l’architecte Burah (Boris) Zilberman. Mais nous reviendrons sur lui dans un prochain article.
Détails de l'entrée d'un immeuble Art déco situé sur la place Sfântul Ștefan à Bucarest.
Sur les traces de Marcel Iancu: du dadaïsme à l'espace vécu
Alors qu’à Câmpina nous avions exploré des joyaux cachés, à Bucarest, nous nous sommes d’abord lancés sur les traces de Marcel Iancu. Nous ne pourrons pas procéder ainsi de manière exhaustive pour chaque architecte, mais ici, nous avons ressenti le besoin de parcourir physiquement les rues et de constater l’état actuel des bâtiments qu’il a laissés derrière lui. La réalité sur le terrain est très contrastée. Nous avons constaté un contraste saisissant dans l’état actuel de ces bâtiments : certains sont malheureusement laissés à l’abandon et menacés de s’effondrer sous le poids du temps, d’autres sont magnifiquement entretenus, tandis que d’autres encore ont été considérablement transformés. Certains d’entre eux ont été classés monuments historiques au cours des vingt dernières années environ, ce qui est une bonne chose.
Visiter tous ces bâtiments les uns après les autres nous a permis de comprendre en profondeur la manière dont Iancu concevait l'espace. Nous avons pu ressentir les volumes et, surtout, observer comment ses bâtiments naviguent sur la frontière délicate entre l'intimité privée et l'espace public.
Détail à l'entrée de l'immeuble situé rue Ștefan Luchian
Le terrain de jeux est dans les détails
Même si certains de ces bâtiments ont été transformés au point d'être méconnaissables, certains détails rappellent encore leurs concepts d'origine.
Iancu était un architecte brillant, un pionnier de l’avant-garde du début du XXe siècle et l’un des fondateurs du mouvement Dada. Ses bâtiments à Bucarest reflètent cette énergie révolutionnaire et sa personnalité complexe. Il a fui les persécutions en 1941 et a fondé la colonie d’artistes utopique d’Ein Hod en Israël (qui a elle-même une histoire complexe) ; il n’a pas été reconnu en Roumanie pendant plusieurs décennies. Cette dualité est au cœur de notre approche du travail chez Micul Haos. Nos personnages-médiateurs ne considèrent pas ces architectes comme des héros solitaires et irréprochables, pas plus qu’ils ne traitent ces bâtiments modernistes comme des autels immaculés. Au contraire, ils interagissent avec une réalité héritée. Les jouets pénètrent dans ces structures en béton en essayant d’entrer en relation avec un espace aux multiples strates, porteur à la fois d’un génie visionnaire et de vérités historiques dérangeantes. Ils sont là pour interroger, toucher et comprendre l’environnement dont nous avons hérité, servant de passerelle vers une compréhension plus profonde et plus critique des espaces qui nous entourent.
Nom gravé sur le bâtiment Solly Gold, rue Hristo Botev
Le mythe du génie solitaire et l'effort collectif
En nous promenant et en lisant les plaques apposées sur les façades, nous avons pris conscience d’une chose. Sur bon nombre d’entre elles figurait l’inscription « Marcel et Iuliu Iancu ». Iuliu était son frère, lui aussi architecte, avec lequel il avait signé de nombreux ouvrages. Culturellement, nous avons une habitude profondément ancrée qui consiste à attribuer un chef-d’œuvre à un seul auteur, à un génie solitaire. En réalité, l’architecture est un travail d’équipe, une convergence d’esprits et un effort collectif. Chez Micul Haos, nous nous reconnaissons profondément dans cette approche, car les œuvres d’art produites dans le cadre de ce projet sont le fruit d’une collaboration entre le créateur de jouets et le photographe, aux côtés d’une équipe composée d’un architecte, d’un conservateur et d’un coordinateur. Ce thème du partenariat créatif est fascinant, et nous le retrouvons chez Horia Creangă, qui a lui aussi travaillé pendant des années aux côtés de son frère, ainsi qu’avec l’architecte Lucia Creangă, qui était à la fois son épouse et sa partenaire professionnelle.
La magie imprévisible de la photographie argentique
Nous sommes tous les deux photographes, nous travaillons donc à la fois en argentique et en numérique. Même si George utilise la pellicule depuis plus de dix ans, ce support ne cesse de le surprendre. La photographie d’architecture classique est une chose, mais dès lors que l’on tente de saisir la relation entre d’imposantes structures en béton et un personnage petit et délicat, tout se complique : la mise au point, le grain, tout prend davantage d’importance. La perspective change radicalement par rapport à ce que nous voyons au quotidien lorsque nous passons simplement devant ces bâtiments.
Nous cherchons sans cesse des moyens de placer le personnage dans un dialogue actif avec le bâtiment et l’espace environnant. Il existe un contraste profond entre la texture douce et minutieusement travaillée du personnage et celle, rigide et imposante, du béton ; traduire cette tension en photographie exige une extrême minutie. La prise de vue sur pellicule présente un ensemble unique d’obstacles techniques. Nous devons trouver le juste équilibre entre exposition et netteté afin que le minuscule personnage au premier plan et le bâtiment monumental à l’arrière-plan restent tous deux visibles et nets. Nous devons également tirer parti de la texture et du grain de la pellicule, tout en trouvant le bon angle et l’emplacement idéal pour cadrer la prise de vue sans perturber la vie quotidienne des personnes qui habitent réellement ces lieux. C’est une danse lente et réfléchie entre le jouet, l’architecture, l’appareil photo et la ville elle-même.
Ces jours-ci, nous continuons à arpenter les rues de Bucarest, à la découverte de nouveaux angles et d'histoires cachées, mais nous nous préparons aussi activement pour notre grand voyage à venir à travers la France.
Maison située rue du Dr Grigore Mora
Nous sommes ravis de poursuivre cette aventure et de partager les résultats avec vous.
Continuez à jouer,
Maria et toute l'équipe
Architectes en devenir
Bonjour à toute la communauté Micul Haos, et toutes mes excuses pour cette pause plus longue que d’habitude.
Nous sommes en pleine phase de recherche et de création pour notre nouveau projet, “La résilience du conte oublié: le modernisme”, et j’ai vraiment hâte de partager cette aventure avec vous, mais la vie en a décidé autrement.
Comme vous le savez, nous sommes en train de créer 15 nouveaux personnages-médiateurs qui nous accompagneront à travers la Roumanie et la France. Mais avant de pouvoir les créer, nous devions comprendre l’univers auquel ils appartiennent. Nous avons décidé d’ancrer notre exploration principalement dans l’architecture des années 1920 à 1940, une époque marquée par des utopies sociales radicales, de profondes mutations esthétiques et d'immenses bouleversements humains.
Trois perspectives, une seule vision
Le choix des bâtiments que nous allons visiter est un équilibre délicat et collaboratif. Et nous sommes toujours à la recherche!
Notre équipe principale aborde cette question sous trois angles distincts: Ruxi recherchait des structures incarnant les véritables idéaux modernistes et l’honnêteté structurelle du point de vue de l’architecte. George, en tant que photographe, recherchait des angles captivants, les jeux d’ombre et de lumière, ainsi que la texture brute nécessaire à la pellicule argentique. Quant à moi, je recherchais les personnalités créatives. Qui étaient les artistes à l’origine de ces plans? Quelles étaient leurs visions? Dans quel contexte ont-ils conçu leurs œuvres? Et peut-être plus important encore, quelles étaient leurs vulnérabilités humaines?
Les histoires que nous avons découvertes dans la rue
Alors que nous épluchions livres et archives, nos découvertes les plus marquantes se sont faites tout simplement en arpentant les rues de Bucarest.
Au cours d’une de nos promenades, nous sommes tombés par hasard sur un immeuble où était gravé le nom de son architecte: Burah Zilberman. Cela nous a entraînés sur un parcours historique profondément émouvant. Zilberman était un architecte juif de talent qui avait étudié à Milan avant de revenir construire à Bucarest. Tragiquement, son histoire s’achève loin des bâtiments qu’il a conçus. Il faisait partie des centaines de personnes qui ont péri à bord du Struma en 1942 alors qu’elles tentaient de fuir le régime fasciste. Devant son bâtiment, on prend conscience que l’architecture est, ou était, l’empreinte physique d’une vie vécue.
Notre projet étant très subjectif et artistique, nous avons également souhaité mettre en lumière les pionnières de cette époque, souvent négligées. Nous puisons notre inspiration auprès d’esprits brillants tels que Charlotte Perriand, Eileen Gray ou Henrietta Delavrancea-Gibory.
Nous explorons également les dynamiques cachées des partenariats architecturaux, comme dans le cas de Lucia Creangă. Alors que son mari, Horia Creangă, est considéré comme un géant du modernisme roumain, Lucia a cosigné et collaboré à bon nombre des projets qui ont fait sa renommée. Sophie Taeuber-Arp en est un autre exemple. Largement reconnue comme une brillante artiste d’avant-garde, elle a également conçu la magnifique maison-atelier destinée à elle-même et à son mari, Jean Arp, à Clamart (à l’origine, c’est Theo van Doesburg qui devait la concevoir, mais il a fini par construire sa propre maison remarquable à proximité!).
La création: donner vie aux personnages
Nos 15 personnages ne sont pas des portraits historiques directs, à l’échelle 1:1. Il s'agit plutôt d'un mélange, d’incarnations ludiques des personnalités diverses, brillantes et parfois oubliées de l’ère moderniste.
Leur création est un processus méticuleux. Ils sont construits comme des marionnettes de stop-motion, avec des armatures entièrement articulées qui nous permettent de les mettre en scène de manière fluide dans les environnements architecturaux que nous visitons. Cela demande une patience infinie et un mélange de différents matériaux tactiles. Je tiens également à remercier chaleureusement ma mère, qui m’aide à confectionner ces vêtements incroyablement minuscules, très détaillés et fidèles à l’époque!
Un petit aperçu d'un personnage largement inspiré de Jean Badovici. (Badovici était un architecte et critique fascinant, né en Roumanie et ayant vécu en France. Il a dirigé la revue d'avant-garde très influente “L'Architecture Vivante” et a joué un rôle déterminant dans la création de l'emblématique villa E-1027, aux côtés d'Eileen Gray! )
Une photo prise pendant la réalisation. Quelqu'un saurait-il deviner qui aurait bien pu porter ces lunettes emblématiques, parfaitement rondes?
Aidez-nous à élaborer notre itinéraire !
Nous sommes actuellement en train de finaliser la liste des joyaux modernistes que nous photographierons en Roumanie et en France au cours des prochains mois.
Avez-vous un bâtiment moderniste préféré dans votre ville ? Ou peut-être un joyau caché à l'histoire fascinante? Répondez directement à cet e-mail ou envoyez-nous un message sur Instagram. Nous serions ravis de découvrir cette époque à travers votre regard!
Merci de votre lecture et à dans deux semaines,
Restez curieux et continuez à jouer,
Maria & l'équipe de Micul Haos
Bonjour, modernisme!
How do we understand modernism today?
What do simple lines, the discovery of the basis of visual language, or social utopias mean today? And how can we explore them through play?
Je suis plus qu'enthousiaste à l'idée de vous présenter le projet de rêve que nous nous apprêtons à réaliser cette année! J'en avais déjà laissé entendre quelques indices, mais c'est enfin officiel!
La résilience du conte de fées oublié: un voyage dans le modernisme à travers le jeu
La photo argentique prise par George de notre personnage à la Maison La Roche, à Paris
L'année dernière, en septembre et octobre, nous nous sommes lancés dans un voyage pilote autofinancé à travers la France. Notre objectif était de comprendre le brutalisme et le modernisme à l'échelle de nos personnages. Nous avons flâné, observé et joué. Cette graine d’idée s’est aujourd’hui transformée en quelque chose de bien plus grand : notre nouveau projet, « Reziliența Basmului Uitat: Modernismul » (La résilience du conte oublié: le modernisme): 15 personnages, de très nombreuses photos, un album de photos et de jeux artistiques, une exposition et un atelier!
Comment appréhendons-nous le modernisme aujourd'hui?
Que signifient aujourd'hui les lignes simples, la découverte des fondements du langage visuel ou les utopies sociales? Et comment pouvons-nous les explorer à travers le jeu ?
Last September at Le Corbusier’s Firminy-Vert ansamble
Nous créons des personnages médiateurs afin de porter un regard critique sur l'héritage moderniste de la Roumanie et de la France. À travers le jeu, nous souhaitons amener les jeunes (et ceux qui ont gardé une âme d'enfant) à appréhender l'espace qui nous entoure d'une manière à la fois critique et poétique.
Dans le cadre de ce projet, organisé par l'association Laborator Artistic, nous créons 15 personnages médiateurs. Nous nous inspirerons de recherches sur des figures qui ont marqué l'architecture moderniste en Roumanie et en France. Il s'agit d'objets ludiques destinés à une exploration poétique de l'environnement bâti, de l'espace et de l'échelle. Nous souhaitons que ces personnages nous aident à porter un regard critique sur le patrimoine moderniste de la Roumanie et de la France.
Photo prise dans les couloirs de l'Unité d'Habitation à Marseille
Nous ne pourrions y parvenir seuls, et nous sommes ravis de pouvoir compter sur des partenaires exceptionnels qui nous aident à tisser ces liens. L'Institut français de Roumanie soutient notre mission visant à favoriser un dialogue culturel approfondi entre la Roumanie et la France, en nous aidant à explorer et à mettre en valeur notre héritage moderniste commun par-delà les frontières. De plus, parce que nous croyons en la transmission de ce savoir aux jeunes générations, nous nous sommes associés à l'association De-a Arhitectura. Ensemble, nous organiserons un atelier dédié aux adolescents, en utilisant notre album de projet final comme un outil ludique et pédagogique pour les aider à comprendre l'architecture, l'espace et l'échelle.
George utilise la photographie argentique pour documenter cette exploration. Ensemble, nous parcourrons dix villes en Roumanie et en France, immortalisant sur pellicule des instants où les poupées se fondent dans leur environnement architectural ou contrastent avec lui, ce qui nous permettra de réinterpréter de manière poétique les espaces que nous découvrirons. Ce voyage aboutira à la création d’un album et à une exposition participative où les personnages, aux côtés des photographies, seront présentés au MNAC (Musée national d’art contemporain) de Bucarest.
Ces derniers mois, nous avons déjà commencé nos recherches. Voici une photo prise devant la villa Ion Miclescu à Bucarest.
Ça prend tout un village
L'exploration d'un tel thème nécessite une approche multidisciplinaire. J'adore travailler aux côtés d'une équipe formidable pour donner vie à cette vision:
Maria Mandea (me!) (moi!) comme Play Designer, chargé de créer des personnages et des jeux.
George Marian Preduț, notre Photographe, qui utilise la photographie argentique, un procédé qui demande de la patience, pour saisir l'âme de notre environnement et de ses personnages.
Dana Pârvulescu, notre Manager, qui parvient avec brio à mettre de l'ordre dans notre chaos artistique et à faire avancer les choses.
Alexandra Moț, notre Curator, qui déterminera la manière dont cette histoire sera finalement perçue par le public.
Ruxandra Antal, notre Architecte, qui ancrent nos explorations ludiques dans une réalité spatiale et architecturale profonde.
Je vous invite à suivre notre processus créatif ici même, sur le blog, et comme toujours, vous pouvez découvrir notre univers sur www.miculhaos.com pour faire entrer un peu de notre monde dans le vôtre. Renouons avec les espaces qui nous entourent et, surtout, les uns avec les autres.
Le projet culturel “La résilience du conte de fées oublié: le modernisme” est cofinancé par AFCN (Administratia Fondului Cultural National)
Ce projet ne reflète pas nécessairement les opinions de l'Administration du Fonds national pour la culture. L'Administration du Fonds national pour la culture n'est pas responsable du contenu du projet ni de l'utilisation qui pourrait être faite de ses résultats. Ces aspects relèvent entièrement de la responsabilité du bénéficiaire de la subvention.
Rezumat în limba română:
Sunt extrem de entuziasmată să vă anunț cel mai nou proiect al nostru: „Reziliența basmului uitat: modernismul”, organizat de Asociația Laborator Artistic. Prin intermediul jocului, ne propunem să facem arhitectura mai accesibilă. Vom crea 15 păpuși-mediator pornind de la documentarea unor personalități din arhitectura modernistă din România şi Franţa, vom călători în 10 orașe din România și Frnța în căutarea patrimoniului modernist, vom realiza fotografii pe peliculă, un album, un workshop și o expoziție participativă. Această călătorie este posibilă datorită unei echipe multidisciplinare minunate: Maria Mandea (Designer), George Marian Preduț (Fotograf), Dana Pârvulescu (Manager), Alexandra Moț (Curatoare) și Ruxandra Antal (Arhitectă).
Ne bucurăm să avem alături de noi parteneri de încredere: Institutul Francez, care susține dialogul cultural româno-francez, asociația De-a Arhitectura, alături de care vom organiza un workshop pentru adolescenți și MNAC (Muzeul Național de Artă Contemporană), unde proiectul va putea fi experimentat printr-o expoziție participativă.
Proiectul cultural Reziliența Basmului Uitat: Modernismul este co-finanțat de Administrația Fondului Cultural Național.
Proiectul nu reprezintă în mod necesar poziţia Administrației Fondului Cultural Național. AFCN nu este responsabilă de conținutul proiectului sau de modul în care rezultatele proiectului pot fi folosite. Acestea sunt în întregime responsabilitatea beneficiarului finanțării.
Another detail of Miclescu Villa
Start! À propos des pauses nécessaires
After a few months of intentional silence and a bag full of unexpected drawings, I’m back. Discover why I stepped away from the digital noise, how a box of oil pastels changed my perspective, and the first details of our new ambitious project: The Resilience of the Forgotten Fairytale.
Parfois, le plus grand pas en avant commence par un long silence. Si vous avez remarqué mon absence des réseaux sociaux ces derniers mois, sachez que cela ne signifiait pas que j’avais abandonné Micul Haos, mais plutôt que je m’étais retirée dans mon atelier de création et dans mes pensées.
Aujourd’hui, je reviens pour vous dire que nous sommes toujours là et que nous avons travaillé d’arrache-pied sur un projet que j’ai hâte de vous dévoiler dans son intégralité.
Mon espace de travail depuis quelques mois maintenant
Je travaille à domicile, tout en continuant à chercher un moyen de retrouver un atelier.
L'art de prendre du recul
En février et mars, j’ai décidé de faire une pause volontaire pour m’éloigner du bruit numérique. Les réseaux sociaux peuvent être un outil formidable pour créer du lien, mais je sentais que le fait d’être constamment « connectée » devenait épuisant, me vidait de mon énergie et, franchement, commençait à devenir un peu ennuyeux.
Mon téléphone m'indiquait que je passais pas mal d'heures en ligne, surtout à parcourir des contenus intéressants, en fait: des gens qui créaient des œuvres d'art, leurs méthodes et leurs pratiques. Mais rien de tout cela ne restait gravé dans ma mémoire. Je les oubliais aussitôt et je me sentais frustré de ne pas créer moi-même.
J'ai décidé de faire une pause. Deux semaines au départ, mais ça a fini par durer plus de cinq semaines. Je pensais que ce serait difficile, que je souffrirais d'un grave syndrome FOMO ou que j'y penserais sans arrêt. Mais en réalité, il n'en a rien été. Le premier jour, j'ai trouvé des aquarelles et je me suis mise à dessiner. Puis j'ai essayé les pastels à l'huile (une technique que je n'avais en fait jamais utilisée auparavant).
J'ai commencé à dessiner. Beaucoup.
Je me suis lancé dans un jeu de formes spontanées, laissant la peinture dicter la forme. Je cherchais le personnage caché au cœur de la tache.
Je me suis surpris à revenir à Roger Caillois:
“Le jeu est occassion de dépense pure : de temps, d’énergie, d’ingéniosité, d’adresse et souvent d’argent [...] Malgré cela, ou plutôt à cause de cela même, le jeu apparaît comme un élément essentiel de la vie des sociétés.”
Ou encore, en utilisant la forme des pastels pour tracer des lignes colorées sur le papier.
Je me suis surpris moi-même. J'ai pris beaucoup de plaisir à créer quelque chose qui n'était pas destiné à être partagé en ligne, mais juste pour le plaisir. Bon, peut-être que je le savais déjà, mais que je l'avais simplement oublié…
Je les ai bien partagés, mais hors ligne, en les offrant à mes amis et à ma famille. J’ai rempli des carnets de croquis entiers et rassemblé un sac rempli de dessins sur des feuilles volantes. Ces images n’ont pas de lien direct avec nos nouveaux projets, mais elles m’ont aidé à réfléchir, à observer et à rester en phase avec l’esprit ludique de Micul Haos. Il y a une dignité dans le pur gaspillage. La trace d’une main qui se déplace sur une page est un acte radical de liberté. J’ai rempli des carnets de croquis et j’ai offert des dessins comme on offre des lettres.
Remarque sur la perspective:
Je me suis rendu compte que le fait de tout documenter en permanence nous transforme en spectateurs de notre propre vie. Nous commençons à voir les choses à travers un prisme pré-filtré, en nous demandant “comment cela se présente-t-il?” plutôt que “qu’est-ce que cela me fait ressentir?”
En prenant le temps de m'arrêter, j'ai cessé d'être un simple spectateur de ma propre vie pour en devenir un acteur. Je m'en sers beaucoup pour créer mes jeux. J'ai appliqué à moi-même la philosophie même que je prône dans mon art: la participation active. Je suis devenu mon propre cobaye.
En octobre dernier à Grenoble, photo: George, sur pellicule
Un nouveau chapitre: la résilience du conte oublié
Même si j'étais invisible sur Internet, nous étions en train de préparer le terrain pour un projet ambitieux: Rezilianța Basmului Uitat: Modernismul / La résilience du conte oublié: le modernisme.
Il s'agit d'une initiative qui vise à porter un regard à la fois critique et poétique sur l'héritage moderniste de la Roumanie et de la France. Comment procédons-nous ? En faisant de nos personnages des médiateurs et des interprètes de l'espace. Ce projet s'appuie sur le pilote que nous avons développé l'année dernière, France Brut. Cette fois-ci, nous nous concentrons sur l'architecture moderniste, en Roumanie et en France, que nous explorons et documentons à travers le jeu et les récits, afin de mettre en lumière la dimension subjective et poétique de ce patrimoine qui continue de nous influencer aujourd'hui.
Nous avons la chance de pouvoir compter sur des partenaires exceptionnels pour ce projet: l'Institut français de Bucarest, le Musée national d'art contemporain (MNAC) de Bucarest, l'association De-a Arhitectura et le magazine Zeppelin, sans oublier le soutien financier indispensable de l'AFCN (Administrația Fondului Cultural Național). Youpi!
Je développerai ce concept plus en détail dans un prochain article, mais pour l'instant, le message le plus important est le suivant: nous sommes de retour, et nous construisons de nouveaux mondes.
Changer notre façon de communiquer
Cette pause m'a confirmé une chose: je souhaite communiquer de manière plus approfondie, et non pas plus fréquemment. J'ai donc décidé que ce blog et une future newsletter deviendraient nos principaux canaux de communication. Je continuerai à partager certaines choses sur les réseaux sociaux, mais si vous souhaitez connaître toute l'histoire, inscrivez-vous à notre liste ci-dessous :
Nous allons lancer un journal numérique bimestriel. Il retracera le processus de création, les voyages en train à travers l'Europe et les différentes étapes du projet, au fur et à mesure que les marionnettes prendront vie. Je vous invite à nous accompagner dans ce voyage qui nous mènera à redécouvrir l'espace qui nous entoure à travers le prisme de la curiosité et du jeu.
Et n'hésitez pas à partager ça avec quelqu'un qui pourrait être intéressé! :D
With love,
Maria et l'équipe de Micul Haos