Le Journal

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Maria Mandea Maria Mandea

Bonjour, modernisme!

How do we understand modernism today?

What do simple lines, the discovery of the basis of visual language, or social utopias mean today? And how can we explore them through play?

Je suis plus qu'enthousiaste à l'idée de vous présenter le projet de rêve que nous nous apprêtons à réaliser cette année! J'en avais déjà laissé entendre quelques indices, mais c'est enfin officiel!

La résilience du conte de fées oublié: un voyage dans le modernisme à travers le jeu

La photo argentique prise par George de notre personnage à la Maison La Roche, à Paris

L'année dernière, en septembre et octobre, nous nous sommes lancés dans un voyage pilote autofinancé à travers la France. Notre objectif était de comprendre le brutalisme et le modernisme à l'échelle de nos personnages. Nous avons flâné, observé et joué. Cette graine d’idée s’est aujourd’hui transformée en quelque chose de bien plus grand : notre nouveau projet, « Reziliența Basmului Uitat: Modernismul » (La résilience du conte oublié: le modernisme): 15 personnages, de très nombreuses photos, un album de photos et de jeux artistiques, une exposition et un atelier!

Comment appréhendons-nous le modernisme aujourd'hui?

Que signifient aujourd'hui les lignes simples, la découverte des fondements du langage visuel ou les utopies sociales? Et comment pouvons-nous les explorer à travers le jeu ?

Last September at Le Corbusier’s Firminy-Vert ansamble

Nous créons des personnages médiateurs afin de porter un regard critique sur l'héritage moderniste de la Roumanie et de la France. À travers le jeu, nous souhaitons amener les jeunes (et ceux qui ont gardé une âme d'enfant) à appréhender l'espace qui nous entoure d'une manière à la fois critique et poétique.

Dans le cadre de ce projet, organisé par l'association Laborator Artistic, nous créons 15 personnages médiateurs. Nous nous inspirerons de recherches sur des figures qui ont marqué l'architecture moderniste en Roumanie et en France. Il s'agit d'objets ludiques destinés à une exploration poétique de l'environnement bâti, de l'espace et de l'échelle. Nous souhaitons que ces personnages nous aident à porter un regard critique sur le patrimoine moderniste de la Roumanie et de la France.

Photo prise dans les couloirs de l'Unité d'Habitation à Marseille

Nous ne pourrions y parvenir seuls, et nous sommes ravis de pouvoir compter sur des partenaires exceptionnels qui nous aident à tisser ces liens. L'Institut français de Roumanie soutient notre mission visant à favoriser un dialogue culturel approfondi entre la Roumanie et la France, en nous aidant à explorer et à mettre en valeur notre héritage moderniste commun par-delà les frontières. De plus, parce que nous croyons en la transmission de ce savoir aux jeunes générations, nous nous sommes associés à l'association De-a Arhitectura. Ensemble, nous organiserons un atelier dédié aux adolescents, en utilisant notre album de projet final comme un outil ludique et pédagogique pour les aider à comprendre l'architecture, l'espace et l'échelle.

George utilise la photographie argentique pour documenter cette exploration. Ensemble, nous parcourrons dix villes en Roumanie et en France, immortalisant sur pellicule des instants où les poupées se fondent dans leur environnement architectural ou contrastent avec lui, ce qui nous permettra de réinterpréter de manière poétique les espaces que nous découvrirons. Ce voyage aboutira à la création d’un album et à une exposition participative où les personnages, aux côtés des photographies, seront présentés au MNAC (Musée national d’art contemporain) de Bucarest.

Ces derniers mois, nous avons déjà commencé nos recherches. Voici une photo prise devant la villa Ion Miclescu à Bucarest.

Ça prend tout un village

L'exploration d'un tel thème nécessite une approche multidisciplinaire. J'adore travailler aux côtés d'une équipe formidable pour donner vie à cette vision:

  • Maria Mandea (me!) (moi!) comme Play Designer, chargé de créer des personnages et des jeux.

  • George Marian Preduț, notre Photographe, qui utilise la photographie argentique, un procédé qui demande de la patience, pour saisir l'âme de notre environnement et de ses personnages.

  • Dana Pârvulescu, notre Manager, qui parvient avec brio à mettre de l'ordre dans notre chaos artistique et à faire avancer les choses.

  • Alexandra Moț, notre Curator, qui déterminera la manière dont cette histoire sera finalement perçue par le public.

  • Ruxandra Antal, notre Architecte, qui ancrent nos explorations ludiques dans une réalité spatiale et architecturale profonde.

Je vous invite à suivre notre processus créatif ici même, sur le blog, et comme toujours, vous pouvez découvrir notre univers sur www.miculhaos.com pour faire entrer un peu de notre monde dans le vôtre. Renouons avec les espaces qui nous entourent et, surtout, les uns avec les autres.

Le projet culturel “La résilience du conte de fées oublié: le modernisme” est cofinancé par AFCN (Administratia Fondului Cultural National)

Ce projet ne reflète pas nécessairement les opinions de l'Administration du Fonds national pour la culture. L'Administration du Fonds national pour la culture n'est pas responsable du contenu du projet ni de l'utilisation qui pourrait être faite de ses résultats. Ces aspects relèvent entièrement de la responsabilité du bénéficiaire de la subvention.

Rezumat în limba română:

Sunt extrem de entuziasmată să vă anunț cel mai nou proiect al nostru: „Reziliența basmului uitat: modernismul”, organizat de Asociația Laborator Artistic. Prin intermediul jocului, ne propunem să facem arhitectura mai accesibilă. Vom crea 15 păpuși-mediator pornind de la documentarea unor personalități din arhitectura modernistă din România şi Franţa, vom călători în 10 orașe din România și Frnța în căutarea patrimoniului modernist, vom realiza fotografii pe peliculă, un album, un workshop și o expoziție participativă. Această călătorie este posibilă datorită unei echipe multidisciplinare minunate: Maria Mandea (Designer), George Marian Preduț (Fotograf), Dana Pârvulescu (Manager), Alexandra Moț (Curatoare) și Ruxandra Antal (Arhitectă).

Ne bucurăm să avem alături de noi parteneri de încredere: Institutul Francez, care susține dialogul cultural româno-francez, asociația De-a Arhitectura, alături de care vom organiza un workshop pentru adolescenți și MNAC (Muzeul Național de Artă Contemporană), unde proiectul va putea fi experimentat printr-o expoziție participativă.

Proiectul cultural Reziliența Basmului Uitat: Modernismul este co-finanțat de Administrația Fondului Cultural Național.
Proiectul nu reprezintă în mod necesar poziţia Administrației Fondului Cultural Național. AFCN nu este responsabilă de conținutul proiectului sau de modul în care rezultatele proiectului pot fi folosite. Acestea sunt în întregime responsabilitatea beneficiarului finanțării.

Another detail of Miclescu Villa

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Maria Mandea Maria Mandea

Start! À propos des pauses nécessaires

After a few months of intentional silence and a bag full of unexpected drawings, I’m back. Discover why I stepped away from the digital noise, how a box of oil pastels changed my perspective, and the first details of our new ambitious project: The Resilience of the Forgotten Fairytale.

Parfois, le plus grand pas en avant commence par un long silence. Si vous avez remarqué mon absence des réseaux sociaux ces derniers mois, sachez que cela ne signifiait pas que j’avais abandonné Micul Haos, mais plutôt que je m’étais retirée dans mon atelier de création et dans mes pensées.

Aujourd’hui, je reviens pour vous dire que nous sommes toujours là et que nous avons travaillé d’arrache-pied sur un projet que j’ai hâte de vous dévoiler dans son intégralité.

Mon espace de travail depuis quelques mois maintenant

Je travaille à domicile, tout en continuant à chercher un moyen de retrouver un atelier.

L'art de prendre du recul

En février et mars, j’ai décidé de faire une pause volontaire pour m’éloigner du bruit numérique. Les réseaux sociaux peuvent être un outil formidable pour créer du lien, mais je sentais que le fait d’être constamment « connectée » devenait épuisant, me vidait de mon énergie et, franchement, commençait à devenir un peu ennuyeux.

Mon téléphone m'indiquait que je passais pas mal d'heures en ligne, surtout à parcourir des contenus intéressants, en fait: des gens qui créaient des œuvres d'art, leurs méthodes et leurs pratiques. Mais rien de tout cela ne restait gravé dans ma mémoire. Je les oubliais aussitôt et je me sentais frustré de ne pas créer moi-même.

J'ai décidé de faire une pause. Deux semaines au départ, mais ça a fini par durer plus de cinq semaines. Je pensais que ce serait difficile, que je souffrirais d'un grave syndrome FOMO ou que j'y penserais sans arrêt. Mais en réalité, il n'en a rien été. Le premier jour, j'ai trouvé des aquarelles et je me suis mise à dessiner. Puis j'ai essayé les pastels à l'huile (une technique que je n'avais en fait jamais utilisée auparavant).

J'ai commencé à dessiner. Beaucoup.

Je me suis lancé dans un jeu de formes spontanées, laissant la peinture dicter la forme. Je cherchais le personnage caché au cœur de la tache.

Je me suis surpris à revenir à Roger Caillois:

Le jeu est occassion de dépense pure : de temps, d’énergie, d’ingéniosité, d’adresse et souvent d’argent [...] Malgré cela, ou plutôt à cause de cela même, le jeu apparaît comme un élément essentiel de la vie des sociétés.
— Roger Caillois, Le Jeu et les Hommes

Ou encore, en utilisant la forme des pastels pour tracer des lignes colorées sur le papier.

Je me suis surpris moi-même. J'ai pris beaucoup de plaisir à créer quelque chose qui n'était pas destiné à être partagé en ligne, mais juste pour le plaisir. Bon, peut-être que je le savais déjà, mais que je l'avais simplement oublié…

Je les ai bien partagés, mais hors ligne, en les offrant à mes amis et à ma famille. J’ai rempli des carnets de croquis entiers et rassemblé un sac rempli de dessins sur des feuilles volantes. Ces images n’ont pas de lien direct avec nos nouveaux projets, mais elles m’ont aidé à réfléchir, à observer et à rester en phase avec l’esprit ludique de Micul Haos. Il y a une dignité dans le pur gaspillage. La trace d’une main qui se déplace sur une page est un acte radical de liberté. J’ai rempli des carnets de croquis et j’ai offert des dessins comme on offre des lettres.

Remarque sur la perspective:

Je me suis rendu compte que le fait de tout documenter en permanence nous transforme en spectateurs de notre propre vie. Nous commençons à voir les choses à travers un prisme pré-filtré, en nous demandant “comment cela se présente-t-il?” plutôt que “qu’est-ce que cela me fait ressentir?”

En prenant le temps de m'arrêter, j'ai cessé d'être un simple spectateur de ma propre vie pour en devenir un acteur. Je m'en sers beaucoup pour créer mes jeux. J'ai appliqué à moi-même la philosophie même que je prône dans mon art: la participation active. Je suis devenu mon propre cobaye.

En octobre dernier à Grenoble, photo: George, sur pellicule

Un nouveau chapitre: la résilience du conte oublié

Même si j'étais invisible sur Internet, nous étions en train de préparer le terrain pour un projet ambitieux: Rezilianța Basmului Uitat: Modernismul / La résilience du conte oublié: le modernisme.

Il s'agit d'une initiative qui vise à porter un regard à la fois critique et poétique sur l'héritage moderniste de la Roumanie et de la France. Comment procédons-nous ? En faisant de nos personnages des médiateurs et des interprètes de l'espace. Ce projet s'appuie sur le pilote que nous avons développé l'année dernière, France Brut. Cette fois-ci, nous nous concentrons sur l'architecture moderniste, en Roumanie et en France, que nous explorons et documentons à travers le jeu et les récits, afin de mettre en lumière la dimension subjective et poétique de ce patrimoine qui continue de nous influencer aujourd'hui.

Nous avons la chance de pouvoir compter sur des partenaires exceptionnels pour ce projet: l'Institut français de Bucarest, le Musée national d'art contemporain (MNAC) de Bucarest, l'association De-a Arhitectura et le magazine Zeppelin, sans oublier le soutien financier indispensable de l'AFCN (Administrația Fondului Cultural Național). Youpi!

Je développerai ce concept plus en détail dans un prochain article, mais pour l'instant, le message le plus important est le suivant: nous sommes de retour, et nous construisons de nouveaux mondes.

Changer notre façon de communiquer

Cette pause m'a confirmé une chose: je souhaite communiquer de manière plus approfondie, et non pas plus fréquemment. J'ai donc décidé que ce blog et une future newsletter deviendraient nos principaux canaux de communication. Je continuerai à partager certaines choses sur les réseaux sociaux, mais si vous souhaitez connaître toute l'histoire, inscrivez-vous à notre liste ci-dessous :

Nous allons lancer un journal numérique bimestriel. Il retracera le processus de création, les voyages en train à travers l'Europe et les différentes étapes du projet, au fur et à mesure que les marionnettes prendront vie. Je vous invite à nous accompagner dans ce voyage qui nous mènera à redécouvrir l'espace qui nous entoure à travers le prisme de la curiosité et du jeu.

Et n'hésitez pas à partager ça avec quelqu'un qui pourrait être intéressé! :D

With love,

Maria et l'équipe de Micul Haos 

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